Les Frères de Plymouth sont respectueux des instances qui gouvernent leur pays puisque Dieu a déterminé qu’elles soient établies pour maintenir l’ordre et la paix. Ils savent également qu’un pays doit quelquefois prendre les armes afin de défendre sa souveraineté, son territoire et son peuple. En temps de paix comme en temps de guerre, les Frères de Plymouth sont prêts, par conséquent, à servir la nation de diverses manières – certains l’ont fait jusqu’à payer l’impôt du sang. A ce titre, nous leur sommes redevables, comme nous le sommes aux milliers de soldats français et alliés dont nous honorons la mémoire, des libertés dont nous jouissons aujourd’hui.

Au moins six membres de la communauté française ont servi pendant la guerre de 1870, au nombre desquels sont Léonce Bosquier, blessé au cours de la bataille de St Privat-la-Montagne, et Johanny Chazalet, décédé des suites de blessures reçues à la bataille de Mazangé.

Verdun, la Somme, Le Linge (Vosges)… et d’autres noms moins connus évoquent pour de nombreux Frères de Plymouth leurs ancêtres tués à l’ennemi ou blessés pendant la Grande Guerre. Les citations qu’ils ont reçues font toutes état de leur dévouement spontané et désintéressé, au mépris du danger. Pour ne citer que quelques noms: Albert Granon (vétérinaire des armées), Robert Géry (téléphoniste, communications artillerie), Joel Pantel (infanterie), Jean Lodie (artillerie), Charles Blanc et Paul Barbier (brancardiers).

Les Frères appelés et réservistes, comme tous les français mobilisables en 1939, avaient rejoint leurs régiments et vécurent les premiers combats de résistance à l’envahisseur. Dix d’entre eux, au moins, connurent le sort des prisonniers de guerre.

Cependant, ces conflits meurtriers ont peu à peu fait prendre conscience aux Frères de Plymouth qu’ils pouvaient – et devaient – servir la nation dans l’esprit de l’Evangile, c’est-à-dire en se gardant d’ôter la vie à leurs semblables. Dès que l’objection de conscience a fait l’objet d’une réflexion en France, ils ont accepté d’être affectés, sous l’uniforme mais sans armes, à des missions stratégiques et souvent périlleuses: parachutistes, radios, brancardiers. Sans exception, ils ont su gagner l’estime de leurs supérieurs. Citons Pierre Broc, 22 ans, objecteur de conscience, Mort pour la France pendant la Guerre d’Algérie.

Plus tard, en temps de paix, toujours dans le cadre du service dû à l’Etat, plusieurs jeunes Frères de Plymouth ont été affectés à la Protection Civile (notamment à Brignoles, Var, lutte et prévention des incendies), à l’Administration des Eaux et Forêts, aux Hôpitaux de l’Assistance Publique à Paris, au ramassage des ordures ménagères, etc. Pour se soumettre aux autorités sans désobéir aux enseignements de la Bible, ils ont accompli leur devoir pendant une durée double de celle qu’effectuaient leurs camarades sous les drapeaux.

Notre liste ne serait pas complète sans faire mention des nombreux Frères de Plymouth qui, plus simplement, ont servi la nation en tant que fonctionnaires de l’Etat: instituteurs, professeurs, infirmiers des hôpitaux, postiers, traducteur auprès du ministre de la Défense, etc.